(J’ai aussi publié cet article sur Profession Web)
Facebook et son API sont devenus incontournables aujourd’hui, et ce, encore plus depuis l’annonce d’OpenSocial. Et pourtant, en tant que développeur, j’ai de la peine à voir dans ces sites les “plate-formes” dont la blogosphère n’en finit plus de parler. Et je ne suis pas le seul; dans ce court article, quelques extraits traduits de l’anglais ouvriront, je l’espère, un bon débat à propos des sites de networking, leurs cycles de popularité et leurs futurs.
Gilles Bowkett: Facebook Apps: The Facebook Trap
Les sites web de networking social ne sont pas de plate-formes. Ils ne sont pas non plus de cercles d’amis. Ce sont des boîtes de nuits. Il y a des gens qui passent tout leur temps là dedans. D’autres n’y vont jamais. Un nouveau site devient à la mode, tout le monde y va, et un jour, soudainement, sans avertissement, tout le monde s’en va.(…)
Mais si vous êtes en train de construire une application Facebook, vous êtes en train de construire un système sonore que vous ne pourrez jamais sortir de ce club. Dépenser de l’argent en quelque chose qui ne marchera pas ailleurs n’a un sens que si les retours sont immédiats. Ce n’est pas vraiment un investissement, puisque penser qu’un quelconque réseau social va perdurer pour un certain laps de temps est défier l’histoire. Ces choses ont souffert sans cesse d’un cycle de popularité et de déclin pendant les dernières cinq années. Un article du New York Times a accusé plusieurs managers lorsque Friendster est passé de ‘hot’ à ‘not’, mais force est de constater que la mode à une grande partie d’aléatoire.
Si vous êtes en train de construire une application Facebook, vous voulez être sûr que celle-ci redirige les gens vers votre site, parce qu’un jour Facebook ne sera plus à la mode et personne y sera. C’est comme pour MySpace: personne y va parce qu’il y a trop de monde.
Je n’aurais pas pu le dire mieux que Gilles. Dans son article, il fait aussi référence à un autre du même ton par Anil Dash, dans lequel il compare la Facebook API à des expériences précédentes similaires, du genre Microsoft Blackbird (1995) ou AOL RAINMAN (1999):
Ce n’est pas vrai de dire que Facebook est le nouveau AOL, et c’est une simplification à l’extrême de dire que l’API de Facebook est le nouveau Blackbird, ou le nouveau Rainman. Mais Facebook fait partie du web. Il faut penser le web, tout comme Internet lui même, comme de l’eau. Les plate-formes propriétaires basées sur le web ce sont des glaçons. Elles peuvent, pendant un moment, flotter sur le web. Mais après un certain temps, elles fondent dans l’eau. Et parfois c’est mieux ainsi.
Personnellement, je n’ai pas de compte Facebook, même si je suis un fervent utilisateur de LinkedIn. Et justement j’en parlais a Raphaël l’autre jour: j’ai de la peine à voir une quelconque valeur ajoutée dans Facebook; une raison pour aller au delà de la page de sign-in. Cette opinion est personnelle, of course, mais elle tient beaucoup des arguments expliqués par Gilles et Anil dans les articles que j’ai cité plus haut. Etant développeur, ex-militant des rangs de M$, converti à la religion Open Source à force de me battre contre le site web de MSDN, je ne tiens pas à m’enfermer dans autre système fermé, cette fois basé sur le web (ce qui vient renforcer l’idée que le réseau est le système d’exploitation d’aujourd’hui). Je tiens aux systèmes ouverts, et sur cette ligne, OpenSocial m’est bien plus attrayant (et aussi à cause de voir LinkedIn faire partie de cette initiative). Facebook est décidément intéressant, mais pas pour moi.
Pour me perdre encore plus sur cette tendance des sites de networking, ma femme ce matin m’a montré sont tout nouveau compte chez hi5, puisque toutes ses amies de la Bolivie sont là dedans. Et il semble que hi5 est aujourd’hui extrêmement populaire en Amérique Latine, pour une seule et simple raison: c’est un des premiers sites de networking qui a offert, dès le départ, une interface en espagnol!
Enfin, pour ajouter un dernier soupçon de mystère sur cet univers de sites de networking, je tombe sur cet article du Guardian qui parle d’une récente investigation à propos de sites de social networking publiée récemment aux Etats-Unis:
Friendster a gagné de la popularité dans les îles du Pacifique, Orkut est devenu le premier site de networking social au Brésil avant de croître rapidement en Inde, Mixi a été très populaire au Japon, LunarStorm est imparable en Suède, les utilisateurs hollandais préfèrent Hyves, Grono a capturé la Pologne, Hi5 a été adopté dans des petits pays de l’Amérique Latine, Amérique du Sud et en Europe, et Bebo est devenu très populaire dans le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.
Et vous? Pensez-vous qu’il y a de tels cycles "fashion" de deux ans pour les sites de networking? Pensez-vous que Facebook (2006-2007) suivra le même destin que Friendster (2002-2003) et MySpace (2004-2005)? Lequel de hi5, Orkut, Ning ou d’autres sera la prochaine coqueluche de la blogosphère, ou même celle qui détrônera Facebook en 2008? Quelle valeur trouvez-vous dans Facebook, et peut-être, pourriez-vous me convaincre d’y être? Finalement, pensez-vous qu’OpenSocial est vraiment le futur du développement web?

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